Le rapport s’intitule “Matériaux nanotechnologiques, crèmes solaires et cosmétiques : petits ingrédients mais grand risques”. Les matériaux nanotechnologiques sont des substances développées récemment et encore très peu comprises. Le rapport détaille leur large utilisation dans plus de 116 crèmes solaires, produits cosmétiques et de soins corporels, actuellement sur le marché alors qu’ils n’ont été soumis à aucune étude de risque indépendante et ne sont soumis à aucune réglementation. Le rapport passe aussi en revue un nombre grandissant d’études scientifiques qui démontrent que de nombreux types de nanoparticules posent des risques aux consommateurs, aux travailleurs et à l’environnement.

Pour Lisa Archer, responsable de la campagne “Santé et environnement” des Amis de la Terre /Friends of the Earth Etats-Unis “Les nanoparticules sont utilisées dans pratiquement tous les types de produits de soins corporels que l’on trouve sur la marché, des crèmes solaires et anti -aging aux dentifrices alors que des études scientifiques préliminaires montrent que de nombreuses nanoparticules peuvent être toxiques. Les firmes doivent arrêter de prendre leurs clients pour des cobayes et stopper de suite la vente des articles contenant des produits nanotechnologiques, tant qu’il n’a pas été prouvé que ceux-ci sont sûrs”.

Les nanotechnologies comprennent la manipulation de matériaux et la création de structures et de systèmes qui existe à l’échelle des atomes et des molécules.

Un nanomètre est un milliardième de mètre. En comparaison, une molécule d’ADN mesure en gros 2,5 nm, un globule rouge 7000 nm et l’épaisseur d’un cheveu atteint l’incroyable chiffre de 80 000 nm. La littérature scientifique existante indique que les nanoparticules présentent plus de risques de toxicité que des particules plus grandes.

Les compagnies de cosmétiques utilisent des ingrédients qui contiennent des oxydes de métal et des sphères de carbones de taille nanométrique, appelées “fullerènes” , ainsi que des nanocapsules dans le but de pénétrer plus profondément les couches de la peau.

Pour les Amis de la Terre, le rapport ne représente qu’un petit échantillon des produits cosmétiques et de soins corporels actuellement dans les rayons des magasins et contenant des particules “libres” obtenues par génie nanotechnologique.

Les fullerènes de carbone qui sont utilisés dans certaines crèmes et produits hydratants ont des propriétés antibactériennes mais il a été montré qu’ils provoquaient des lésions dans le cerveau de poissons. Même à des taux d’exposition bas, il a été démontré que les fullerènes provoquaient des lésions dans les cellules du foie humain.

Alors que commence la saison des bains de soleil, les consommateurs se trouvent confrontés à un dilemme. Alors qu’ils utilisent beaucoup de crème solaire pour se protéger des rayons ultraviolets dangereux, ils peuvent, ce faisant, s’exposer sans le savoir à un autre risque. Il a été démontré que, lorsqu’elles sont exposées aux UV de la lumière solaire, les nanoparticules d’oxyde de titanium et d’oxyde de zinc - utilisées dans un grand nombre de produits cosmétiques, de soins corporels et de crèmes solaires - sont photoactives, produisent des radicaux libres et endommagent l’ADN des cellules de la peau.


Dans aucun autre domaine, les matériaux nanotechnologiques ne font une entrée aussi importante que dans l’industrie des produits cosmétiques et de soins corporels.

L’utilisation de certains shampooings, d’après-shampooings ou de dentifrices pose un risque évident d’exposition à des nanomatériaux non testés car ces articles sont utilisés quotidiennement et sont utilisés directement sur la peau. Ils peuvent être inhalés et sont souvent ingérés.

De par leur taille, les nanoparticules sont plus aptes à être absorbées par le corps humains que des particules plus grandes et elles ont la propriété de traverser les membranes biologiques et de pénétrer dans les cellules, les tissus et les organes, ce que des particules plus importantes ne peuvent faire.

Alors que certains essayent toujours de savoir si les nanomatériaux peuvent pénétrer une peau intacte, des études montrent qu’une peau abîmée est une barrière inefficace et permet à des particules de 7 000 nm de taille d’atteindre les tissus vivants. Cela suggère que la présence d’acné, d’eczéma ou de coupures au rasage rendent probable l’assimilation par le corps de nanoparticules. De plus de nombreux produits cosmétiques ou de soins corporels contiennent des “agents de pénétration" , ce qui renforce les craintes d’une absorption probable par la peau de nanomatériaux et de leur possible entrée dans la circulation sanguine.

Rapports, risques, avertissements... et ça continue !

En 2004, le rapport de la Royal Society du Royaume Uni - une des institutions scientifiques les plus anciennes et les plus respectées au monde - recommandait que “les composants sous forme de nanoparticules devraient être soumis à une étude de risque complète menée par le conseil scientifique adéquat, avant quelles ne soient autorisées à être utilisées dans des produits”. Malgré cet avertissement, les compagnies se précipitent pour incorporer les nanomatériaux dans leurs produits et les cosmétiques, profitant de l’absence d’étude de risque indépendante. Deux ans après le rapport de la Royal Society, il n’y a toujours pas de loi encadrant l’utilisation des nanomatériaux dans les produits des consommateurs, pour s’assurer qu’ils ne mettent pas en danger la santé des gens qui les utilisent et des ouvriers qui les fabriquent, ou les écosystèmes dans lesquels des déchets de nanoproduits sont rejetés.

Pour Lisa Archer : “Des produits “miracles”, nous en avons vus ! Ne serait-ce que l’amiante, le DDT, les PCB et encore la liste ne s’arrête pas là ! A voir l’incapacité de nos gouvernements à prendre au sérieux les premiers avertissements concernant les nanomatériaux, on peut penser qu’ils n’ont tiré aucune leçon de cette longue liste de désastres !

Les Amis de la Terre / Friends of the Earth demandent un moratoire et des réglementations adaptés

Les Amis de la Terre / Friends of the Earth demandent un moratoire sur toute commercialisation de produits corporels qui contiennent des produits issus des nanotechnologies et que les produits actuellement sur le marché soient retirés jusqu’à que des études de risques, indépendantes, adaptées, soumises à la critique et accessibles au public n’aient été menées.

Les Amis de la Terre / Friends of the Earth demandent aussi que des règlements adaptés soient mis en place pour protéger les citoyens, les ouvriers fabriquant ces produits et l’environnement ;

Lisa Archer conclut que “C’est vraiment le minimum que nous puissions faire en attendant d’en savoir plus sur ces produits et cette technologie nouvelle et non testée".

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