Les citoyens face aux nanotechnologies
mercredi 9 décembre 2009 Par Denis Lebioda, dans Nanotechnologies -# 623 - Fil RSS
ATTAC France publie un article très complet sur le sujet. Au sommaire : Domaines d’applications des nanotechnologies - Risques sanitaires identifiés - Problèmes éthiques - Recommandations.
"Les nanotechnologies font sans aucun doute partie de ces vagues technologiques qui, comme celle de la biologie synthétique, détermineront notre futur..."
« Quand les technologies du XXIe siècle convergeront, l’humanité pourra enfin, grâce à elles, atteindre un état marqué par la paix mondiale, la prospérité universelle et la marche vers un degré supérieur de compassion et d’accomplissement. »
Ces fortes paroles figurent dans le document officiel américain qui a lancé, en juin 2002, un vaste programme interdisciplinaire, richement doté en fonds fédéraux. Celui-ci est dénommé Converging Technologies, mais est plus connu sous le sigle NBIC, qui désigne la convergence entre nanotechnologies, biotechnologies, technologies de l’information et des sciences cognitives. C’est le premier de ces quatre ensembles de disciplines scientifiques et techniques, les nanotechnologies, qui en constitue la pointe avancée.
C’est le célèbre physicien américain Richard Feynman qui peut être considéré comme le père du projet nanotechnologique, lors de sa conférence « Il y a plein de place en bas », présentée en 1959 au California Institute of Technology ; Feynman y soulignait qu’il serait bientôt possible d’envisager la manipulation de la matière à des fins humaines à l’échelle de la molécule, en opérant atome par atome. Le projet d’une ingénierie à l’échelle nanométrique était ainsi lancé.
Avec ce fameux « nanomonde », l’ingénierie opère désormais à l’échelle du nanomètre (milliardième de mètre), sur des éléments certes très petits au regard des objets de la vie courante (par exemple 30 000 fois plus petits qu’un cheveu), mais largement plus grands que les objets observés dans les grands accélérateurs de particules. Les capacités accrues de fabrication et de manipulation d’objets, du micron (millionième de mètre) au nanomètre, ouvrent donc des perspectives tout à fait exceptionnelles, y compris d’immenses potentiels d’applications.
Avant de dégager et de préciser les domaines d’applications et les questions éthiques liées à cette approche, interrogeons-nous sur la spécificité de ce domaine scientifique, habituellement présenté comme radicalement nouveau.
Ce sont en fait les deux modes opératoires à l’origine du nanomonde qui représentent une vraie nouveauté aujourd’hui :
- un premier mode opératoire consiste à réduire des dispositifs « milli » ou « micrométriques » jusqu’à atteindre l’échelle nanométrique ; l’exemple souvent cité est celui des puces électroniques, dont les tailles de plus en plus réduites sont le résultat de l’amélioration de technologies de fabrication du silicium.
- un autre mode opératoire consiste à aller du très petit vers le petit. Il s’agit de procédures qui manipulent atomes et molécules pour édifier des nanosystèmes complexes nouveaux, non naturels. Cette approche est rendue possible grâce à la création et au développement d’outils capables de rendre perceptible le millionième de millimètre, et de manipuler la matière à cette échelle. Ce mode repose sur la création de nouveaux instruments : les microscopes par effet tunnel à force atomique, l’électronique de haute résolution, ou encore les pinces optiques permettant de manipuler la matière, atome par atome.
Enfin, les nanotechnologies ouvrent de nouvelles possibilités, générant elle-même d’autres technologies génériques, que sont les biotechnologies et les technologies de l’information, elles-mêmes convergentes avec les sciences cognitives.
Comme telles, ces nanotechnologies permettront de nouvelles applications, notamment dans le secteur de l’informatique médicale ou dans celui des nouveaux matériaux avec de nouvelles performances.
Sur le plan politico-économique, remarquons que la sophistication des nanotechnologies rendra leur développement et leur utilisation possibles uniquement par des structures techno-industrielles lourdes, ce qui renforcera encore la concentration de grands groupes industriels, en particulier au travers des brevets.
Les nanotechnologies font sans aucun doute partie de ces vagues technologiques qui, comme celle de la biologie synthétique, détermineront notre futur.
Au sommaire de cet article :
- I. Domaines d’applications des nanotechnologies
- II. Risques sanitaires identifiés
- III. Problèmes éthiques
- IV. Recommandations

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